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33 éme Numéro |
PROGRAMME
DE DONATION DE MECTIZAN |
2004 | |
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Programme pour l'Élimination de la Filariose Lymphatique Dans la Région Africaine de L'organisation Mondiale de la Santé: Mise à Jour Octobre 2003La filariose lymphatique (FL) est un problème reconnu de santé
publique et constitue un obstacle au développement socio-économique
des pays concernés. Ce problème est particulièrement
important en Afrique où l'on compte approximativement 38% des
personnes atteintes de apr el monde de filariose lymphatique (420 millions
de personnes à risque) et où le niveau de pauvreté
est particulièrement élevé. Quelques unes des manifestations
les plus avancée de la filariose lymphatique sont indiquées
sur l'illustration 1. Dans la région africaine de l'Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), 39 des 46 pays membres sont considérés
comme étant endémiques à la FL (c'est à
dire que les taux de prévalance sont supérieurs ou égaux
à 1% de microfilarémie ou d'antigénémie),
ceci en fonction soit de données historiques ou d'informations
connues au sujet de la maladie. L'identification des communautés affectées par la FL ou des unités d'implémentation (UI), le niveau administratif de plus petite taille auquel le programme d'élimination de la FL sera mis en place, aide à évaluer l'ampleur du problème et constitue la première étape de la mise en place du programme. Les informations émanant de cet exercise sont utilisées afin de déterminer les ressources disponibles, notamment les médicaments, nécessaires pour procéder à la prochaine activité du programme : la distribution de masse des médicaments. Dans la région africaine de l'OMS, 10 pays ont terminé les activités de cartographie afin d'identifer les communautés affectées et 8 autres les ont commencées. Il est prévu que tous les pays auront effectué une cartographie d'ici 2005 (illustration 2), soit la date prévue pour l'accomplissement des activités de cartographie par l'Alliance Globale d'Élimination de la Filariose Lymphatique (GAELF, Global Alliance for Elimination of Lymphatic Filariasis).
L'expansion des activités de cartographie dans la région africaine de l'OMS a comme objectif principal : 1) Achèvement des activités de cartographie dans les pays ayant débuté des distributions de masse de médicaments (avec le Nigeria et la Tanzanie comme cas exceptionnels tout en continuant la cartographie jusqu'en 2005). 2) Expansion des activités de cartographie dans les pays limitrophes à ceux ayant déjà des distributions de masse de médicaments. 3) Les pays insulaires n'ayant pas encore participé à des programmes d'élimination de la FL (autres que les Comorres et Madagascar qui sont en train de mettre en place un tel programme) font partie du dernier groupe de pays à être cartographiés, ainsi que ceux éloignés d'autres régions endémiques. Ce plan a été développé afin de promouvoir l'efficacité des distributions de masse de médicaments pour interrompre la transmission en ayant les populations de régions contigües traitées au cours de la même période. Cependant, ce plan est sufisamment souple afin d'accommoder les préférences de partenaires pouvant désirer supporter un certain pays à un moment donné. La distribution de masse de médicaments mise en place dans 4 pays en 2000 l'est désormais dans 9 pays en 2002. Le statut de la distribution de masse au mois de novembre est indiquée dans l'illustration 3. À ce jour, aucun pays supplémentaire n'a mis en place de distribution de masse de médicaments à cause d'un manque de financement et de problèmes techniques du kit de diagnostic utilisé pour cartographier la FL, ce qui a créé une interruption des activités de cartographie. Il est cependant bon de remarquer que bien que 9 pays aient mis en place des distributions de masse de médicaments, seuls les programmes dans les Comorres et le Togo couvrent actuellement l'ensemble de la population à risque. Une expansion rapide dans les pays restants afin d'atteindre un niveau national est une priorité et est fortement désirable. Le statut actuel des activités de cartographie et de distribution de masse des médicaments dans la région africaine de l'OMS est indiqué dans l'illustration 4.
Une expansion rapide de la couverture géographique à la fois dans les pays et dans l'ensemble de régions est une des priorités du programme ; l'autre objectif consiste à atteindre un niveau élevé de couverture thérapeutique au moyen de campagnes de distribution de masse de médicaments. En 2002, 9 956 118 personnes ont été traitées, soit 60% de l'objectif de traitement annuel régional (RATO, Regional Annual Treatment Objective), le RATO s'élevant à 16,1 millions de personnes. Pour 2003, des données provisoires indiquent que 17 071 155 personnes ont été traitées par rapport à un objectif de 21,6 millions de personnes, soit 79% de l'objectif (RATO) visé. En fonction de la distribution de masse de médicaments effectuée en 2002, la moyenne nationale des taux de couverture thérapeutique va de 56,8% au Comores à 83,1% au Zanzibar, en Tanzanie. Le taux de couverture le plus faible obtenu au niveau d'une unité d'implémentation est de 49,7% et le plus élevé est de 92,7% (ces deux chiffres proviennent du programme ghanéen). Il est à noter les données exceptionnelles du Nigeria allant de 59,8 à 153,1%. Les taux de couverture supérieurs à 85% indiquent le traitement de populations en dehors de l'unité d'implémentation qui ne sont pas suivies et/ou quelques programmes nationaux, ces données utilisent la population éligible au lieu de la population à risque comme dénominateur afin de calculer la couverture thérapeutique de l'unité d'implémentation. Ceci est vrai à divers degrés dans un certain nombre de programmes nationaux et est un élément important au cours du suivi et de l'évaluation de l'impact des distributions de masse de médicaments. Les taux de couverture largement inférieurs au minimum fixé à 65% pour un impact efficace sur la transmission demeurent un problème car ces cycles de traitement peuvent tout aussi bien ne pas être pris en compte car ils auront un effet négligeable sur les charges parasitaires de la communauté. Les facteurs contribuant à un faible taux de couverture thérapeutique rapporté par la plupart des pays sont les suivants : 1) Manque de motivation des distributeurs de médicaments. 2) Refus de suivre le traitement. 3) Matériel d'information, d'éducation et de communication (IEC) inadéquats ou retardés. 4) Emplois du temps trop chargés. ConclusionL'évaluation de l'ampleur de la maladie, spécifiquement les populations à risque, est sur la bonne voie et atteindra son objectif fixé à 2005. Les résultats des activités de cartographie, émanant du groupe de pays qui ont soit terminé cet exercice ou qui le poursuivent, révèlent que les populations à risque peuvent être plus élevées que prévu du fait que certaines régions apparaissant comme étant écologiquement non endémiques sont en fait endémiques. Par exemple, le Burkina Faso est entièrement endémique bien qu'une grande partie du pays soit sèche et ne présente pas de site de reproduction du vecteur. Le manque de ressources adéquates permettant de financer les activités de cartographie et de distribution de médicaments demeure le principal défi auquel se trouve confronté le programme. Les activités de cartographie et de distribution de médicaments sont les principales difficultés au Nigeria et à un moindre degré en Tanzanie et en République Démocratique du Congo, ces deux pays étant les plus vastes et/ou les plus peuplés des pays endémiques à la FL dans la région africaine de l'OMS. Finalement, il est recommandé que tous les pays mettant en place une distribution de masse des médicaments utilisent la population totale des unités d'implémentation au lieu de la population éligible comme dénominateur pour le calcul du taux de couverture thérapeutique. Article rédigé par: Dr. Jean Baptiste Roungou, Dr. Likezo Mubila, M. Ekoue Kinvi, M. Adolphe Dabire Unité des autres maladies tropicales | ||